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Les femmes Musulmanes Oubliés dans l 'histoire

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Au féminin


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La femme a joué un rôle primordial dans le mysticisme islamique.


Dans l'entourage du Prophète -sur lui la paix et le salut-, mentionnons celles qui portent le nom honorifique de "Mère des croyants". Tout d'abord, la "Meilleure des femmes" (khayr an-nisâ'), notre mère Sayyida Khadija -que Dieu l'agrée-, fut la première épouse de notre Prophète bien-aimé -sur lui la paix et le salut-. Elle fut celle qui, après les premières révélations du Prophète Muhammad -sur lui la paix et le salut-, le consola et l'encouragea.
Après la mort de Sayyida1 Khadija, le Prophète -sur lui la paix et le salut- épousa Sayyida 'Aïsha -que Dieu l'agrée- qui fut très active aux côtés du Prophète -sur lui la paix et le salut- Elle rapporta un grand nombre de récits sur la vie du Prophète et elle participa personnellement à la bataille pour la défense du sunnisme.


La plus jeune fille de Sayyida Khadija et du Prophète Muhammad -sur eux la paix et le salut-fût Sayyida Fatima -que Dieu l'agrée- .Tout comme sa mère Sayyida Khadija mais aussi comme Marie, mère de Jésus, et d’Assiya, femme du Pharaon, Fatima fut considérée comme étant la meilleure des femmes. Le rang très élevé et la noblesse de leur caractère font de ces dernières des modèles de piété pour tous les croyants ; qualités dont Dieu fait l'éloge dans plusieurs versets du Coran. Suivant leurs traces, les descendantes du Prophète furent souvent célèbres pour leur piété, telle que Sayyida Nafisa, l'une de ses arrières petites-filles qui installée au Caire, fut réputée pour sa piété ascétique.


Dans l'entourage du Prophète, certaines femmes émigrèrent dès le début de l'ère islamique en Abyssinie. L'une de ses parentes, Umm Haram, manifestait un amour tant exalté pour Dieu qu'elle participa aux campagnes guerrières musulmanes et mourut en martyre pendant l'une d'entre elles (en 649).


Dans les premiers temps marqués par le mouvement ascétique apparut la célèbre sainte Rabi'a al-'Adawiyya de Basra. On lui attribue l'expression de l’amour mystique par ces termes :
« Je veux verser de l'eau dans l'Enfer et mettre le feu au Paradis afin que disparaissent ces deux tentures et que les hommes cessent de prier Dieu par peur de l'Enfer ou par espoir d'entrer au Paradis, mais uniquement pour Sa beauté éternelle. »


Rabi'a a également exprimé le chagrin d'amour et la douleur conséquents au rapprochement et à l'éloignement de Dieu, à travers ses épreuves. Le soufi indien Qutbaddin Bakhtiyar Kaki (1235) rapporte à son sujet que « quand Dieu lui infligeait une épreuve, elle était heureuse et disait : Aujourd'hui, l'Ami s'est souvenu de moi ! Quand une journée se passait sans la moindre mise à l'épreuve, elle pleurait et disait : Qu'ai-je fait de mal pour qu'Il ne pense pas à moi ? »

Rabi'a ne fut certes pas la seule ascète pieuse à se consacrer entièrement à l'amour de Dieu. D'autres femmes soufies ont atteint des rangs élevés telle que Maryam al-Basriyya qui accompagna Rabi'a et qui mourut en extase. Un poème turc lui a été consacré (par Lale Müldür ) :

Maryam de Basra
Fut une servante de Rabi'a.
A peine eut-elle fait l'expérience
De l'Amour divin
Qu'elle s'effondra sans connaissance.
Lors d'une séance de Dhikr
Elle mourut subitement d'amour.
Dieu a des servantes semblables à la pluie :
quand elles tombent sur la terre, elles deviennent du grain,
quand elles tombent dans la mer, elles deviennent des perles.


De la même manière que les hommes, les femmes se sont réunies au sein de zawiyât ou ribât, rattachés ou non à de grandes confréries, à Baghdâd, au Caire et à Alep, et bien d'autres régions du monde musulman. Non seulement elles priaient, chantaient, observaient les rites et pratiques soufis, mais aussi elles prêchaient et enseignaient. Hormis les zawiyât, les femmes se réunissaient entre elles, formaient des cercles de prière, allaient en pèlerinage et allaient se recueillir auprès des mausolées des grands saints.


En Andalousie, Ibn 'Arabî a rendu hommage, aux grandes femmes ascètes de Séville et de Cordoue qu'il avait rencontré. Parmi elles, Fatima bint al-Muthanna (XIIIè siècle), selon les propres mots du Maître andalou, elle était « la miséricorde des habitants de cette terre ». En dépit de sa grande pauvreté, elle était d'une bonne humeur inébranlable, chantant gaiement la Grâce divine. Ibn 'Arabî rencontra également Shams, « la mère des pauvres », âgée de plus de quatre-vingt années, il la décrivit comme une mystique de haut rang, douée d'une intuition peu commune mais qui, le plus souvent, tenait secret son niveau spirituel élevé.


Dans le dîwân d’Ibn Arabî, sur vingt-cinq poèmes consacrés à la khirqa qui est un vêtement par l’attribution duquel certains maîtres symbolisaient l’investiture spirituelle qu’ils donnaient à un(e) disciple, quinze évoquent des investitures accordées par le Shaykh à des femmes. A propos de l’une d’elle, par exemple, prénommée Fâtima, il déclare :

J’avais le désir que me soit donné une fille. Par elle, Mon Seigneur m’a comblé
.

D’une autre femme, Safiyya, il dit ceci :

J’ai revêtu Safiyya de la khirqa des pauvres
Car elle s’est ornée de la parure des umanâ’ *
Elle a réalisé toute vertu, s’est départie
De ce qui est contraire et a surpassé ses pareilles.
Elle a parfait et sanctifié ses qualités
Et a assumé tous les Noms divins.
* Les umana’ sont ceux qui sont dignes de confiance et représentent dans l’hagiologie akbarienne un degré supérieur.


Un autre poème, où il mentionne l’investiture qu’il a conféré à une femme, apporte des précisions sur la manière dont il conçoit la transmission de sa khirqa, ce qu’on appellera plus tard la khirqa akbariyya. On remarquera au passage que le Shaykh autorise explicitement des femmes à transmettre cette investiture.
J’ai revêtu la fille de Zakî ad-Dîn de ma khirqa
Après qu’elle a été mon compagnon et a suivi mon enseignement (…)
Que ma fille revête qui elle veut de ma khirqa
Dès lors que sont réalisés les Noms divins et la filiation (…)
Et selon les conditions que j’ai déposées dans mes écrits.


De manière générale, Anne-Marie Schimmel, auteur de plusieurs œuvres sur l'Islam et sur le Soufisme, conclue justement, à la fin de son œuvre, L'Islam au féminin, que :
« dans le monde islamique, l'image de la femme pieuse, attirée par une vie ascétique et mystique, revêt de multiples visages : des ascètes strictes, des femmes portées à l'érudition, des souveraines qui, tout en remplissant les obligations de la vie courtoise, conservaient leur attachement aux œuvres religieuses ; de jeunes filles ou de vieilles femmes dont les noms ne révèlent que peu de choses sur leurs expériences mystiques et qui pourtant, grâce à leur Baraka, la puissance de leur bénédiction, prodiguèrent leur consolation à des milliers de femmes au cours des siècles ; des personnes vers lesquelles filles et femmes des villes et des campagnes pouvaient se tourner avec leurs soucis et dont elles pouvaient espérer de l'aide.


En un mot, l'image de la femme vénérable revêt une importance particulière pour les croyantes qui trouvent souvent réconfort et apaisement auprès de leurs consœurs, qu'elles soient vivantes ou qu'elles aient disparu depuis longtemps. »


Aujourd'hui, grâce au renouveau spirituel de la Tariqa Al-Qadiriya Al-Boutchichiya, guidée par son maître vivant Sidi Hamza Al-Qadiri Boutchich, le Soufisme retrouve un élan spirituel fort et nouveau, et la femme soufie prend pleinement part à cet élan. Les femmes de la Tariqa Al-Qadiriya Al-Boutchichiya, sur les orientations du maître de la Tariqa, participent à des séances de Dhikr régulières. Elles participent aussi à la vie de la Zaouiya et prennent part, comme leurs confrères, aux activités sociales de la voie.


Aujourd'hui encore, dans la Tariqa, des femmes décédées ou encore vivantes sont connues pour leur piété, leur grande sagesse et leur amour de Dieu. Ces femmes, d'une grandeur d'âme élevée, ont su et savent garder la sobriété extérieure qu'impose le respect de la Shari‘a ( loi divine ) et les contraintes de la vie de tous les jours ; mais de leur amour et de leur présence marquée par l’excellence de leur comportement, elles ont fait et font profiter toutes celles qui parmi leurs consœurs ont eu la chance de les côtoyer.


1 Sayyida : est un titre de noblesse et une marque de respect donnés aux femmes d'un haut rang religieux.





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